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Les universités belges à la recherche d’un rôle actif dans la guerre

  • UAWorkers4Palestine
  • Nov 21, 2025
  • 2 min read

Pour comprendre comment les universités cherchent à s’impliquer davantage dans l’industrie des armes et la violence militarisée, il n’est pas nécessaire d’aller loin.


n mettant en avant l’argument de la « défense », les universités belges cherchent à nouer des liens plus étroits avec l’industrie militaire. Ces nouvelles collaborations avec les fabricants d’armes sapent fondamentalement la mission sociale des universités, et sont particulièrement problématiques sur le plan moral.

L’Université de Liège a récemment signé un partenariat d’un million d’euros avec Thales, un géant de l’armement impliqué et inculpé dans de nombreuses affaires de corruption et de ventes d’armes illégales. Ce partenariat développera des systèmes de propulsion et de ciblage de missiles, avec la même entreprise qui continue de fournir des pièces détachées des drones de l’armée israélienne, notamment utilisés dans le génocide à Gaza, et pour traquer les réfugié·es aux frontières de l’Europe. Alors que les étudiant·es ont occupé un immeuble du campus pour contester ce partenariat, et attirer l’attention sur le bafouement des procédures éthiques internes, 650 chercheur·ses de l’Université de Liège ont reçu un courriel leur demandant de lister leurs travaux qui pourraient intéresser la défense.

Similairement, à l’Université d’Anvers, une enquête sur la « recherche liée à la défense » a été diffusée en mai dernier dans le bulletin interne de départements spécifiquement ciblés. La majorité de l’enquête interroge sur de faux dilemmes, repose sur une hypothèse tacite selon laquelle la recherche militaire est acceptable. Ces questionnaires s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale visant à forcer les universités afin qu’elles s’adaptent au nouveau mode de financement.

Un creux moral pour nos universités

Après des années de protestations étudiantes contre l’influence persistante des entreprises fossiles sur les universités, la complicité académique dans l’apartheid et le génocide en Palestine, ces collaborations avec l’industrie et les forces armées marquent un nouveau creux moral pour nos universités. L’hypocrisie est douloureuse : alors que les institutions font solennellement référence aux droits humains, à la durabilité et à la paix dans leurs communications officielles, elles s’empressent, de manière discrète, de collaborer avec l’industrie de la défense.

Ces universités ne sont pas seules. Les Universités de Gand, d’Anvers et d’Hasselt ajoutent les « soins de santé en temps de guerre » à leurs programmes médicaux, non pas dans une optique de santé publique, mais afin de former des médecins pour des missions militaires. A Howest, l’Université des Sciences Appliquées de Flandre occidentale, une « Cyber Defence Factory » est en cours de création pour former les étudiants à la cyberguerre en collaboration avec la Défense. Des chercheurs de la VUB collaborent par ailleurs avec l’US Military Academy sur des questions de stratégie militaire. En plus de l’exemple de l’Université de Liège ci-dessus, les étudiant·es d’UCLouvain dénoncent la présence de Safran (société liégeoise impliquée dans la fabrique de pièces militaires utilisées à Gaza) lors d’une soirée prévue pour la recherche d’emplois et de stages.


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